Le vin français : moins de volume, plus de valeur en 2026
Le vin français : moins de volume, plus de valeur en 2026

La filière vin française confirme en 2026 son poids stratégique avec 92 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 440 000 emplois. Exportations, œnotourisme, consommation en mutation : les chiffres clés issus de Vin & Société.

D’après une publication de Vin et Société (*), la filière vigne et vin demeure l’un des socles stratégiques de l’économie française. Au-delà de l’image et de la tradition, les chiffres confirment un poids économique majeur, une capacité d’exportation solide et une transformation profonde des usages.

(*) Les données présentées dans cet article sont issues des Chiffres-clés 2026 de la filière vigne et vin publiés par Vin & Société, organisation représentative de la filière au niveau national, qui rassemble les interprofessions et fédérations professionnelles du secteur.
Elles s’appuient notamment sur des travaux réalisés avec des organismes tels que Deloitte, l’INSEE, l’OFDT, l’OCDE ou encore Atout France. Ces éléments offrent une photographie consolidée du poids économique, territorial et culturel du vin en France.

Un poids économique de premier plan

Avec 92 milliards d’euros de chiffre d’affaires, la filière représente 32 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit 1,4 % du PIB français . Elle génère 440 000 emplois équivalent temps plein, soit 2 % de l’emploi en France, répartis sur l’ensemble du territoire . À cela s’ajoutent 6,4 milliards d’euros de recettes fiscales pour les finances publiques .
Sur le plan extérieur, le secteur des vins et spiritueux constitue le 3ᵉ secteur d’exportation excédentaire français . Environ 40 % de la production de vin est destinée à l’export , confirmant le rôle du vin comme ambassadeur économique.

Un vignoble étendu et structuré

La France dispose de 734 000 hectares de vignes, ce qui représente 11 % du vignoble mondial. Ces surfaces sont réparties entre environ 59 000 exploitations viticoles.

En 2024, la production s’élève à 32 millions d’hectolitres. Sur ce volume, 22 millions d’hectolitres sont consacrés à l’élaboration d’eaux-de-vie de vin, notamment le Cognac et l’Armagnac.

La diversité de l’offre apparaît nettement dans la répartition par couleur :

- 38 % de vins rouges
- 28 % de vins blancs
- 24 % de vins rosés
- 10 % de vins effervescents

 

Enfin, la production française est très majoritairement inscrite dans des démarches de qualité et d’origine :

- 55 % en AOP
- 39 % en IGP
- 6 % sans indication géographique

Une commercialisation dominée par la grande distribution

Sur 10 bouteilles vendues en France : - 5 sont écoulées en grande distribution
- 3 sont consommées au restaurant
- 1 est vendue au domaine
- 1 est achetée chez un caviste

Des usages en transformation profonde

La France est désormais le 12ᵉ consommateur d’alcool au sein de l’Union européenne .

La tendance de fond est à la modération :

La quantité d’alcool mise à la consommation a diminué de 77 % pour les spiritueux depuis 1960 (-41 % depuis 2000) .

Pour le vin : - 63 % depuis 1960 (-30 % depuis 2000) .
Pour l’ensemble des boissons alcoolisées : -20 % depuis 1960 (-22 % depuis 2000) .

Seule la bière progresse légèrement depuis 2000 (+8 %) .

- Chez les jeunes, l’évolution est nette :
- La part des jeunes de 17 ans n’ayant jamais bu a été multipliée par quatre en 20 ans .
- Les alcoolisations ponctuelles importantes ont baissé de 40 % entre 2011 et 2022 .
- Par ailleurs, 8 Français sur 10 consomment moins de deux verres les jours où ils boivent, et 9 sur 10 respectent les repères de Santé publique France .

La mutation est donc structurelle : moins de volume, davantage de modération.

Un levier d’attractivité territoriale

L’œnotourisme constitue un atout déterminant. Environ 12 millions d’œnotouristes visitent chaque année les vignobles et caves françaises .

Un touriste international sur trois estime que le vin a été déterminant dans son choix de venir en France .

Au-delà de l’économie, l’impact territorial est clair : le vin participe à l’image, à l’activité rurale et à l’animation des régions viticoles.

Une filière solidement ancrée dans l’identité nationale

Les perceptions des Français confirment cet ancrage : - 92 % considèrent que le vin fait partie de l’identité culturelle de la France .
- 92 % estiment qu’il contribue à l’attractivité touristique .
- 94 % jugent qu’il donne une bonne image de la France dans le monde .
- 84 % y voient l’expression de l’art de vivre à la française .
- 74 % perçoivent la filière comme artisanale et 75 % comme respectueuse de l’environnement .

La filière vin combine trois dimensions notables : un poids économique significatif, une capacité d’exportation stratégique et un ancrage culturel profond.

Dans un contexte de baisse structurelle des volumes consommés et d’évolution des comportements, le modèle évolue vers davantage de qualité, de différenciation et d’expérience — notamment par l’œnotourisme.

Le vin français ne repose plus sur la quantité, mais sur la valeur, l’origine et l’image. C’est sans doute là que se joue désormais son avenir.